Gestion de cabinet : l’avocat, un entrepreneur comme un autre

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Aujourd’hui, le métier d’avocat prend une nouvelle tournure. En effet, le nombre d’avocats ne cesse d’augmenter. En 2018, on ne comptait pas moins de 66 000 avocats en France. Une situation qui annonce que la profession frôle la saturation et qu’une rude concurrence s’y installe. Dans cette atmosphère, il est impératif d’avoir la capacité de s’en sortir. On fait surtout allusion à l’élaboration d’une démarche entrepreneuriale pour assurer la gestion d’un cabinet. Quels profils et compétences doit avoir un avocat entrepreneur ? Quels sont les enjeux de la transformation de ce cabinet d’avocat de demain et quels en sont les outils indispensables ? Les réponses.

Pourquoi est-il nécessaire d’adopter une démarche entrepreneuriale ?

Contrairement à ce que l’on pense, les avocats sont aussi des entrepreneurs. En effet, la gestion d’un cabinet d’avocats arbore plus ou moins les mêmes principes que ceux d’une entreprise classique, à quelques détails près. Par exemple, les avocats ont une obligation de confidentialité envers leurs clients. Les modalités d’échange diffèrent aussi légèrement de celles des entreprises classiques.

Aujourd’hui, la profession d’avocat connaît un contexte particulier. Pour cause, le nombre d’avocats ne cesse d’augmenter, ce qui engendre automatiquement une certaine concurrence. Face à cela, il est nécessaire pour tout avocat d’introduire une approche commerciale dans la gestion de son cabinet.

Par exemple, un avocat entrepreneur digne de ce nom doit être capable de manier les logiciels dédiés à son emploi. Il existe notamment un logiciel de rédaction spécialisé pour les avocats, qui permet d’éditer rapidement des actes juridiques en tout genre.

En effet, avec l’essor d’internet, on a aujourd’hui accès à de nombreux services. Par exemple, les avocats peuvent rédiger des contrats personnalisés en ligne. Précisons néanmoins que l’utilisation de ces documents ne fait pas toujours l’unanimité. Chez le justiciable, ils sèment souvent la confusion.

Apparemment bien formé, le client moderne affiche de plus en plus cette envie de netteté et de large disponibilité. Il tient absolument à comprendre comment sont structurés la facturation et les honoraires de tel ou tel avocat, allant jusqu’à les comparer à ceux de ses concurrents.

Le client d’aujourd’hui veut aussi pouvoir entrer facilement en contact avec l’avocat en question sur différents supports (smartphone, ordinateur…) et avoir un retour rapide. L’ultra disponibilité devient donc un impératif chez l’avocat entrepreneur. Et dans ce sens, cette quête de transparence est ce qui fait accentuer la nécessité pour tel ou tel avocat, d’être capable de produire plus de rentabilité et de compétitivité.

La Loi française a-t-elle ouvert la brèche aux avocats ?

Chez les juristes, comme chez tout entrepreneur, l’esprit d’entreprise a le vent en poupe. À travers certaines législations, les élus français invitent ainsi les cabinets d’avocats à une approche commerciale. On cite, entre autres, la loi Macron n° 2015-990 du 6 août 2015 qui rend possible l’interprofession. Cela se traduit par l’alliance à visée économique des professionnels du droit, des experts-comptables, des huissiers de justice, des administrateurs judiciaires, des notaires et bien sûr des avocats.

Cette loi dispose que toutes les catégories suscitées peuvent travailler dans une même structure juridique : une société d’exercice interprofessionnelle. Plus explicitement, elles sont libres de s’associer pour fonctionner comme une entreprise. Une alternative qui était jusqu’alors quasi impossible.

Autre texte de loi à connaitre : le décret du 28 octobre 2014 n° 2014-1251. Il accorde aux avocats la possibilité de faire de la sollicitation personnalisée et de la publicité. Une nouveauté qui, si l’on regarde de près, représente une véritable révolution dans le monde du droit (bien qu’encore assez peu exploitée).

Qu’on le veuille ou non, la publicité fait partie intégrante de la dynamique d’entreprise et de la logique entrepreneuriale. Elle permet de différencier un cabinet d’avocats de ses concurrents. Elle met aussi en lumière la valeur ajoutée du cabinet, permettant ainsi à ce dernier de se démarquer et de mieux vendre ses services.

Quelles opportunités offre l’innovation technologique ?

Comme tous les domaines de la vie, le droit connait aussi un développement des innovations technologiques qui lui sont propres. Un développement grâce auquel des services qui n’existaient pas auparavant sont désormais bien implantés et très efficaces.

Alliant technologie et juridique, ces nouveaux acteurs ont émergé et ont par la même occasion permis aux avocats de déléguer certaines tâches impératives dans le quotidien d’un entrepreneur. Outre les logiciels de rédaction spécialisés pour avocats, les outils modernes proposent aussi des solutions de gestion efficientes.

En effet, sur le marché actuel, on trouve facilement des logiciels de suivi des clients via un CRM. À ceux-là s’ajoutent les API connectés ainsi que les outils de facturation révolutionnaires. Tous facilitent la gestion au jour le jour d’un cabinet d’avocats.

Grâce aux nouvelles technologies, ces différents services transforment les tâches qui étaient auparavant longues et fastidieuses en des tâches simples et rapides. Par conséquent, l’avocat gagne du temps. Il s’affranchit des missions chronophages pour se concentrer totalement sur le cœur de son métier. En même temps, il profitera de ces innovations technologiques pour se glisser plus aisément sous une casquette d’entrepreneur.

Finalement, comment devient-on avocat entrepreneur ?

Pour avoir un esprit d’entreprise, un cabinet d’avocat doit s’appuyer sur ces trois points :

  • Investir et innover : c’est l’essence même de la démarche d’un entrepreneur. Comprendre la nécessité de la prise de risque et de l’investissement pour espérer faire grandir et croître davantage son business. Penser à long terme est essentiel pour se développer pleinement.
  • Mettre la rentabilité au premier plan : une entreprise vit pour le profit. Pour l’avocat, le mot profit doit faire partie du vocabulaire. Il faut automatiser et organiser rigoureusement la gestion financière comme celle d’une entreprise.
  • Mesurer et suivre sa performance : il faut mettre en place des indicateurs de performances permettant de mesurer l’impact de toutes les actions. Parmi ces indicateurs, on cite le nombre d’heures passées sur une affaire, le nombre de leads générés via le site web du cabinet, les impacts d’une nouvelle activité développée au sein du cabinet… L’analyse de ces données et informations permettent d’avoir une vue d’ensemble sur ce qui marche le mieux et le moins.

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